"Ces plans de restructuration pourraient conduire à la suppression de
1.468 postes d'ici fin 2008, soit 12% de l'effectif
d'Alcatel-Lucent en France", a indiqué le groupe dans un communiqué,
confirmant des informations syndicales faisant état d'environ
1.500 suppressions d'emplois en France.
L'intersyndicale (CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO) a confirmé lors d'une conférence téléphonique qu'elle appelait les salariés
d'Alcatel-Lucent en France à un débrayage jeudi entre 9h30 et 11h30, à la veille d'un comité de groupe prévu vendredi.
Les réductions d'effectifs affectent la région parisienne légèrement
plus que la province, ajoute l'équipementier franco-américain de
réseaux de télécommunications, pour qui "le volontariat sera
privilégié".
La direction proposera des réaffectation de salariés au sein du groupe
sur la base du volontariat en 2007 et 2008, la réalisation de
projets professionnels externes et des départs en retraite anticipés.
L'équipementier de réseaux de télécommunications, qui a publié vendredi une perte pour le quatrième trimestre 2006, a porté de
9.000 à 12.500 les suppressions d'emplois prévues dans le monde d'ici trois ans, soit 16% de son effectif total actuel de 79.000
personnes.
Il a augmenté de 300 millions d'euros, à 1,7 milliard, ses objectifs
d'économies d'ici à 2009. Le groupe a confirmé qu'au moins 600
millions d'euros d'économies seraient concentrées sur la seule année
2007, contre 400 millions envisagés auparavant.
Alcatel-Lucent, né le 1er décembre dernier, avait émis un "profit
warning" le 23 janvier. Il invoque les difficultés liées à la mise en
place de sa fusion et des conditions de marché pour expliquer ses
réductions d'effectifs.
DEUX SITES FERMÉS EN BRETAGNE
Selon l'intersyndicale, le groupe procédera à 1.233 suppressions
d'emplois nets chez Alcatel Lucent France (ex-Alcatel CIT, la
principale division du groupe dans le pays). Environ 110 postes seront
également éliminés chez Alcatel Business Services et 28 au
siège.
En Bretagne, le groupe
ferme ses deux sites de Rennes (Cesson et Saint-Grégoire) et recentre
ses activités sur Orvault (Nantes) et
Lannion.
François Loos,
ministre délégué à l'Industrie, s'était prononcé mardi pour le maintien
des sites industriels d'Alcatel-Lucent en France.
L'intersyndicale a également déclaré que le groupe comptait réduire de
20% ses effectifs en Allemagne sur un total évalué à 5.300
personnes.